Nombre total de pages vues

mardi 29 janvier 2013

Les cours à l'IEP ont repris

Les cours à l'IEP ont donc repris mardi dernier. Pour l'instant nous sommes plutôt en petit comité, et cela induit une autre manière de faire cours qui n'est pas désagréable du tout.
Le PowerPoint de la séance du 22 janvier et le programme du semestre sont désormais consultable en ligne.
Séance n°1 - Vocabulaire et notions de base
J'ajoute, pour les curieux, deux liens vers des émissions de radio récentes, qui concernent l'une et l'autre la parution récente, en français, de l'ouvrage de la biologiste américaine Anne Fausto-Sterling :
La suite dans les idées et La grande table. Bonne écoute !


lundi 21 janvier 2013

Carnet de Voyage - Sexe ou Genre ?


Sexe ou genre ?



Le sexe est au biologique ce que le genre est à la construction sociale ou aux normes sociales. Ainsi l e genre c’est le fait de se sentir homme ou femme, de vivre tel quel : on associe le terme de féminité et de masculinité au genre très régulièrement. 
Dans presque toutes sociétés, le genre doit correspondre au sexe, c’est notamment par les processus de socialisation qu’on parvient à un tel résultat. On peut parler une binarité imposée par une société hétéronormative, et par la reproduction des espèces : Il y a une différence entre les sexes pour que les deux puissent se rencontrer. 

Dans une courte histoire des différences entre femmes et hommes on peut pointer trois grandes périodes :
  • Jusqu’au 18ème siècle on parlait d’un modèle à un sexe c’est-à-dire d’êtres humains qui se logeaient sur un continuum entre le parfaitement mâle et femelle. Le genre précédait le sexe, le fait d’être agressif, d’être dominant était important : la perfection à atteindre était le mâle et dans ce contexte, les femmes étaient des hommes moins parfaits. Pourquoi un tel constat ? Les femmes auraient eu un manque de chaleur lors de la conception, donc les organes génitaux ont été retenus à l’intérieur, il y aurait une symétrie entre l’homme et la femme, les testicules correspondant donc aux ovaires. Le masculin est connoté de chaud, de dur, de sec, connoté de positif. Les femmes sont froides, humides. il y a toute une symbolique du dualisme : le solaire, le lunaire. Il y a toujours une catégorisation binaire : l’homme est représenté chaud, sec, par le soleil alors que la femme est humide, froide, et caractérisée par le lunaire.
  • A partir Des Lumières : on trouve un modèle à deux sexes. On observe la nature, il y a une nouvelle foi en la science naissante. On va voir qu’il y a une distinction fondamentale entre les hommes et les femmes.  C’est l’idée de moins travailler sur la question du sang pour déterminé la hiérarchie sociale, mais plus donner le pouvoir aux hommes dans la société. A partir de ce moment, les hommes et les femmes vont être deux entités biologiques distinctes. Une différencialisation sexuelle importante, le type de corps, le cerveau, la musculature va rentrer en jeu, les dictionnaires d’anatomies vont refleter ces différences dites naturelles entre hommes et femmes. De cette division va découler des aspects et des fonctions plus sociales : une valeur plus importante va être donnée aux femmes dans la maternité, ce sont des êtres qui ont un sens de la morale plus développé, qui prennent soin des autres. Comme la femme est plus interne et qu’elle doit donner naissance, elle doit rester dans la sphère privée, c’est son lieu qui ressemble à son utérus. (Justification de la différence des fonctions sociales des hommes et des femmes.)
  • A partir des années 70 : il y un nouveau modèle qui articule le genre et le sexe. On veut casser les caractéristiques biologiques dites masculines et féminines. Ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on va être naturellement plus douce, plus aimable... Avec le développement de l’anthropologie on va relativiser le fait que ces comportements soient naturels face à la différence des valeurs et des normes selon les sociétés. Les féministes vont dénoncer la dite-neutralité de la biologie : cette dernière n’est jamais neutre, tout dépend comment on la regarde, les préjugés qu’on a avant de s’y intéresser et ce qu’on recherche. Là est dénoncée l’idée d’essentialisme : Selon Fuss (1989) c’est une «croyance en une vraie essence, qui est en fait ce qu’il y a de plus irréductible, inéchangeable et ains constitutive d’une personne ou une chose donnée». C’est donc le concept selon lequel les femmes auraient une essence commune, universelle caractérisé par la douceur, la gentillesse, la maternité... Le courant constructiviste va radicalement s’opposer à cette prise de position en arguant que ce n’est pas le fait de naître biologiquement qu’on va devenir une femme mais bien que tout est construction sociale. 


Pauline Fognini


mardi 15 janvier 2013

Carnet de Voyage


Le contrôle du corps des femmes : sont-elles dangereuses ou en danger ?




L’exigence physique et le contrôle des corps par les hommes est un fait établi quand on parle des femmes. A simple titre d'exemple, ces dernières doivent porter le voile afin de cacher leurs potentiel de séduction, doivent se conformer à des canons de beauté pour que leurs maris soient fiers de les avoir au bras. Certains critères de beauté ont toute leurs importance et dans ce post je m'appuierais en premier lieu sur l'importance de la blancheur. Le développement des industries cosmétiques qui poursuivent ce but sont une preuve de la domination de la femme blanche sur la femme noire. On voit une supériorité de l’idée de ce que la femme blanche représente : l’occident, l’opulence, la pureté... La femme noire représente la lassivité, l’animalité, la paresse. Ces points de vues sont subjectifs mais ont toujours une place dans un cadre plus large au niveau social et politique. Ce sont des stéréotypes fondés par l’histoire qui se pépértuent notamment grâce aux médias (Les publicités que vous ne verrez plus jamais : 100 ans de publicités sexistes, racistes ou simplement stupides de Annie Pastor). On remarque même qu’alors qu’en Inde les femmes aux peaux foncées constituent la norme, il y a un culte de la blancheur dû au passé colonial avec l’Empire Britannique qui a mis en avant la valorisation sociale des blancs. (Assayag, 1996) 

Le corps de la femme est donc le lieu d’incarnation des cadres sociaux et culturels puisqu’elle se plie à ces caractéristiques pour être socialement valorisée par rapport à d’autres femmes. On retrouve ici également le mythe de la femme exotique en opposition à la femme blanche représentée souvent nue, qui a des pratiques sexuelles déviantes, sauvage... (Boëtsch Et Savarese, 1999) Ces caractéristiques sont une image donnée en occident des femmes maures et pourtant, ces préjugés vont être considérés comme étant la réalité, ce qui montre qu'il y a une multiplicité des systèmes d'opression qui diffère selon chaque femme (Ici, le racisme et le sexisme). On accorde des comportements spécifique au prétexte d’une race et d’un sexe donné. 

A propos des femmes et de la dangerosité, on constate qu’il y a une ambivalence. Tout d’abord, les femmes sont en danger pour l’homme. De par leur constitution, leur capacité à procréer,  et simplement leurs caractère dit féminin elles sont considérées comme inférieures ce qui laisse la porte ouverte à toutes les dérives et tentative de maîtrise sur leurs corps. Ainsi, Aristote pensait l’infériorité de la femme à cause de son appareil génital qui était inversé par rapport à l’homme, par sa perte de sang qui signifie une créature froide Les femmes auraient eu un manque de chaleur lors de la conception, donc les organes génitaux ont été retenus à l’intérieur. Les femmes sont associés au froid, à l'humide alors que e masculin s'apparente au chaud, au dur, sec, connoté positivement (il y a là toute une symbolique du dualisme). De même, une femme ayant ses règles peut être considérée comme impure : dans l’ethnie Samo au Burkina Faso, elles peuvent faire faillir les préparations des flèches empoisonnées si elles passent près de la préparation par exemple, de même dans le judaïsme, si la femme a des relations sexuelles avec son mari durant les menstrues, elle le souillerait. (Héritier 2002) Le corps féminin est donc en danger car ses réactions biologiques comme la création du lait maternel, les règles où encore la grossesse sont interprétées de façon négative et servent d’excuse pour la marginalisation des femmes. C’est le principe de souillure qui est invoqué, l’idée qu’elle est assimilée à un fonctionnement débridé et que si on la laisse agir, elle va engendrer le mal. C’est la femme qui si elle n’est pas contrôlée est dangereuse. Ainsi, ce serait aux individus de chaque culture de comprendre les ambiguïtés de leurs normes afin de les dépasser. Le corps est le «miroir» de la société et les contraintes qui porte sur les femmes ne sont que le reflet de la domination par les hommes sur les femmes (Douglas 2001).

On trouve souvent une ambivalence qui fait que les femmes dites dangereuses sont aussi en danger car on va tenter de les contrôler, de les asservir, ou de modifier les normes pour qu’elles soient rabaissées. Ainsi, une fille pré-pubère est chaude car elle ne perd pas son sang, elle est dangereuse car elle porte une force encore masculine : une fille stérile devient desséchée brûlée par cette chaleur typiquement masculine. Elle se trouve alors dans une position de danger : punie par la masculinité. 
Dans un second temps on constate aussi que les femmes peuvent représenter un danger notamment lorsque celles-ci sont mortes : En Chine, les jeunes vierges décédées constituent les démons les plus féroces, chez les Samo, ce sont les femmes qui sont mortes alors qu’elles étaient enceintes qui représentent le Mal, les femmes ménopausées sans contrôle d’un pair masculin sont considérées comme des sorcières... (Héritier 2002) De même, en Inde, on constate qu’une femme belle est considérée comme dangereuse car elle a le pouvoir de retirer toute autorité des parents sur le fils. (Assayag, 1996)

Le corps des femmes est donc objet de domination et de contrôle par les hommes. Parce qu’il peut être considéré comme dangereux, ce corps est muselé. C’est l’image même du patriarcat et de la domination masculine. Cependant, loin de penser que cela arrive seulement dans des sociétés «exotiques», on notera qu’au Canada, la seule loi qui vise à contraindre le corps concerne les femmes : le droit à l’avortement. 

Pauline Fognini

Bibliographie : 

Héritier, Françoise. 2002. Masculin, féminin II, Dissoudre la hiérarchie, pp. 49-72. Paris : Éditions Odile Jacob. 
Assayag Jackie, 1999, « La "glocalisation" du beau. Miss Monde en Inde, 1996 », Terrain, n° 32, pp. 67-82. 
Boëtsch, Gilles et Savarese, Éric. 1999. « Le corps de l’Africaine : Érotisation et inversion » pp. 123-144, Les études africaines, 39 (1).
Douglas, Mary. 1966. «De la Souillure. Essai sur les notions de pollution et de tabou.» Paris : Edition Maspero. 205 p. 




mercredi 28 novembre 2012

Carnet de Voyage - Le viol dans l'armée américaine

Les violences sexuelles dans l'armée américaine. Facteur endogène d'une institution ?






Jusqu’à récemment, il n’était pas possible d’avoir des statistiques sur les agressions sexuelles entre compagnons d’armes car l’armée ne cherchait pas à collecter ces informations. En terme de chiffre, les viols commis dans l’armée américaine sont peu connus. Néanmoins, en 2010 le département de la défense a publié son rapport mettant en exergue le fait qu’une femme était violée toutes les 3 heures.  On estime qu’environ 80 % des crimes ne sont pas dénoncés. Pourtant, l’estimation du nombre de viol est très importante : environ 500 000 femmes auraient été sexuellement agressées depuis leurs intégration dans l’armée. De même, 20% des vétérans femmes auraient été abusées en service. Comment expliquer un tel climat dans une institution pourtant si prestigieuse aux Etats-Unis ? 

D’une part, le passé des recrues est important : on compte que 15% d’entre eux ont tenté ou commis un viol avant d’entrer dans l’armée. Il y a donc dès l’entrée un climat de violence et de volonté de domination sur les femmes. On les considère comme un objet servant au désir de l’homme. Pourtant dans l’armée, la signification du viol change : plutôt que de comprendre le viol comme un acte sexuel de désir et de plaisir, il est compris comme un acte d’autorité (C’est pour cela qu’il concerne également un nombre important d’hommes). Dans Honor Betrayed, Sexual Abuse in America’s Military du docteur Mic Hunter, il met en exergue 7 raisons de la banalisation du viol : l’acceptation des violences interpersonnelles, l’existence de rôles genrés stéréotypés, le rejet du féminisme, la vision des femmes comme propriétés des hommes, des relations antagoniques entre femmes et hommes, une certaine attraction à l’agression sexuelle (Les femmes aiment «le sexe violent») et enfin, l’homophobie. 

Avec la reconnaissance publique du problème du viol dans l’armée américaine, il y a une diminution des recrues féminines pourtant qualifiées de meilleures pour l’armée. Les femmes victimes présentent des impacts psychologiques très importants : elles ont un taux plus élevé de trouble de stress post-traumatique que les soldats ayant participé à une guerre. Cela entraine des troubles du sommeil mais aussi des amnésies partielles, des sentiments de détresse intenses, un comportement nuisible pour la victime elle-même (tentatives de suicide...)...
Comme le souligne le documentaire The Invisible War, un autre réel traumatisme pour ces femmes en dehors de l’acte même est le manque de reconnaissance de la part d’une institution qu’elles percevaient comme sécuritaire, qui pouvait même être devenue une autre famille. Cette conception amène le viol comme une sorte d’inceste qui touche la partie la plus profonde de l’être, ce qui le rend d’autant plus dur à surmonter. En effet, la victime subie un deuxième assaut : elle a été trahie par des camarades ou des supérieurs. En plus de cela, le manque de reconnaissance ressentie du fait que leur agresseur est protégé, parfois même promu apparait comme fondamentalement  injuste. Si sanction il y a, elle est très légère comme des peines de quelques jours d’exclusion de la base ou des travaux d’intérêt généraux. Cela fait passer le message suivant : l’individu, sa souffrance et sa peine en tant que tels n’ont pas d’importance. C’est la réputation du bourreau et de l’armée qui est en jeu et qui a plus d’importance que la victime. 

La loi du silence dans l’armée américaine s’explique d’après différentes raisons. D’une part, les femmes ayant subi un viol doivent le reporter à leurs commandants. Or il faut ici souligner les problèmes que cela peut engendrer. Contrairement au milieu civil où l’agression est signalée à la police qui est un organisme extérieure à la victime et qui n’a aucun intérêt particulier dans l’affaire, dans l’armée, la victime doit rendre compte du viol à son supérieur hiérarchique. La dénonciation du crime reste dans le milieu ou celui-ci a été commis. Il faut noter ici que 33% des femmes qui n’ont pas signalé une agression avaient pour raison le fait que le violeur était un ami du commandant. De même pour 25% d’entre elles, l’agresseur même était le commandant. L’armée est un milieu particulier qui renferme ses propres freins : elle devrait à la place faire appel à une juridiction extérieure ce qui serait d’une plus grande aide pour ces femmes. D’autre part, les commandants ne donnent parfois pas de suite aux plaintes car cela signifie un réel échec : ils ne sont pas en mesure de diriger leurs troupes et cela peut affecter leurs carrières. Ainsi, la chaîne de commande de l’armée américaine est une des raisons pour laquelle les viols sont si peu reportés : ils ne sont pas entendus. 

Sources : 
The Invisible War de Kirby Dick 
Honor Betrayed Sexual Abuse in America Military - Dr. Mic Hunter

Pauline Fognini

dimanche 11 novembre 2012

Carnet de Voyage - L'homoparentalité au Québec


L’homoparentalité au Québec




Le Québec a toujours été avant-gardiste concernant les mesures touchant les homosexuels : ainsi dès 1977, il intégrait dans la Charte des droits et Liberté de la Personne l’interdiction de la discrimination basée sur l’orientation sexuelle. Dans cette province, l’homoparentalité est une réalité dans les textes législatifs depuis 2002. Après un combat de plusieurs années par diverses associations, la principale étant l’Association des Mères Lesbiennes (AML), les couples homosexuels ont eu gain de cause. Le constat était le suivant : il ne s’agissait pas d’autoriser l’homoparentalité car elle existait déjà par des moyens détournés mais de donner des droits aux enfants issus de ces couples. En effet, seul le parent biologique était responsable légalement de l’enfant et s’il venait à décéder, par exemple, l’autre parent ne pouvait avoir de droit sur l’enfant. Il faut tout de même noter ici que cette mesure a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée Nationale. Cette mesure est donc venue non pas pour les couples homosexuels mais bien pour leurs enfants. La légalisation  du mariage homosexuel s’est faite à peine deux ans plus tard en 2004.

Du fait de la relative jeunesse du mouvement, les études statistiques n’ont pas été nombreuses entre les années 80 et 2000 (Moins de 0,01% des études concernant les réalités familiales concernait les familles homoparentales).
Naturellement, les oppositions à l’adoption homosexuel existaient et se basaient principalement sur : la capacité des homosexuels à être de bons parents,  le développement psychosocial de l’enfant qui serait anormal, ou encore des troubles de l’identité sexuelle de l’enfant et à terme une plus grande probabilité pour celui-ci d’être lui-même homosexuel. 
Il faut comprendre que l’homosexualité n’est pas un désordre psychologique ou une pathologie, constat qui n’est pas toujours acquis, et qu’ainsi même si ces personnes sont davantage soumises à des discriminations ou à de la violence symbolique, être homosexuel n’affecte pas en soi la santé psychologique de l’individu. Les études ont montré qu’il n’y a aucune différence entre les divers modes d’éducation et a invalidé ces craintes. De même, elles ont prouvé qu’il n’y avait aucune différence concernant les problèmes psychiatriques des enfants issus de couple hétérosexuel ou non. Par exemple, il a été démontré que les enfants de mères lesbiennes ont peut-être plus de troubles d’anxiété que les autres mais qu’au contraire, leur niveau de bien-être est supérieur.
Toutes les craintes concernant les enfants d’homosexuels sont sans fondement réel car à chaque fois contrées par des études qui sont faites sur le long terme. (Pour plus de détail, voir le texte Trois générations de recherches empiriques sur les mères lesbiennes, les pères gais et leurs enfants de Danielle Julien)

Dès lors, pourquoi le débat en France sur le mariage homosexuel semble t-il s’enliser ? Cela pourrait s’expliquer par de nombreux facteurs qui se recoupent : d’une part, il y  a une véritable méconnaissance de la réalité homosexuelle car elle reste cachée, encore trop stigmatisée et refoulée par une certaine hétéronormativité. Il y a également une importante culture religieuse, notamment catholique, qui a inscrit dans les normes l’idée que le mariage, tout comme avoir un enfant, se fait uniquement entre une femme et un homme, ce qui suppose une homophobie latente dans la société. 

Il y aurait actuellement entre 40 000 et 300 000 enfants (Grande fourchette de statistique) vivant dans des familles homoparentales en France et ce serait tout comme au Québec leurs assurer l’égalité et les mêmes droits pour tous. 

Pauline Fognini

lundi 29 octobre 2012

Carnet de voyage de Pauline Fognini - Mon arrivée à Montréa


Pauline Fognini est étudiantes à l'IEP de Lyon. Elle passe cette année outre-Atlantique et nous rendra compte régulièrement de ses découvertes. De notre envoyée spéciale au Québec donc...
----------------------------------------------

Me voilà arrivée depuis plus d’un mois au Québec, à Montréal plus exactement. Ce qui m’a laissé le temps d’apprécier le climat général de cette ville envers les femmes et le féminisme. Les temps sont changeants, le Québec a élu au rang de première ministre Pauline Marois en septembre, plus de 70 ans après l’accès au droit de vote des femmes. Il semble clair que tous ont des attentes particulières, certains attendent qu’elle fasse ses preuves et d’autres espèrent simplement des réformes allant dans le sens des femmes, comme si cela était inhérent à sa condition de genre. Bien heureusement, féministe, elle l’est et elle milite pour aider l’émancipation et l’autonomie des femmes dans la sphère publique.
J’ai donc eu l’opportunité de faire mon année d’échange à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), grandement motivée par Muriel Salle qui m’en vantait les qualités. Effectivement, j’ai la chance d’être inscrite à l’Institut de Recherches Des Etudes Féministes (IREF) qui semble l’endroit parfait pour étudier le féminisme. Ici, on traite du sujet autrement qu’en France : on ne parle pas d’études de genre ou de rapports sociaux de sexe. Le but est d’étudier les raisons de la domination patriarcale que ce soit au niveau anthropologique, psychologique ou social. On étudie également les grandes féministes du Canada et leurs combats. Voici les 3 cours que je suis actuellement : 
- Femmes et Politique, 
- Anthropologie de la condition des femmes 
- et Homosexualité et Société. 
Le système est complètement différent de celui que j’avais connu avant : il y a beaucoup d’interactions entre les professeurs et les étudiants, le cours est mis de côté pour privilégier l’échange. Contrairement à ce que j’ai pu croire en arrivant, les auditeurs ne sont pas que féminins et j’ai le sentiment que nos homologues masculins ont une réelle conscience ici des différences de traitement entre hommes et femmes. Quand on leur demande pourquoi sont-ils en étude féministe, la réponse semble être évidente : pouvoir disposer d’outils théoriques, de réflexions nouvelles pour pouvoir se construire une opinion et militer pour le droit des femmes à une certaine échelle. Ce qui est également frappant ici est la différence de réactions selon les nationalités quand je parle de mes études : en France, je ne vous parlerais pas des blagues incessantes sur l’utilité de ce type d’étude parce que « les hommes et les femmes sont déjà égaux » (Bah voyons !), ici au Québec, les gens sont plutôt curieux du style « Ah bon vous nous trouvez égalitaires » ? et enfin d’une amie suédoise : « Génial ! Nous en Suède on a encore du chemin à faire »... (Si elle savait...)
Au Québec, ces différences de relations se traduisent dans la vie quotidienne : si le documentaire Femme de la rue réalisée par Sofie Peeters vous semblait être votre réalité, fuyez et venez au Canada ! Ici, les hommes ne draguent pas, ce serait plutôt l’inverse : personne ne vous fera une remarque désobligeante dans la rue.  De plus, l’homosexualité est un fait plus accepté, d’une part le mariage et l’adoption sont légaux, et d’autre part, vous trouverez à Montréal l’un des plus grands quartiers gai du monde appelé Le Village ce qui est bien la preuve d’une plus grande tolérance.
Si vous voulez étudier le féminisme, venir à Montréal semble la meilleure option, les cours sont plus intéressants les uns que les autres et le système pédagogique est vraiment motivant.

jeudi 13 septembre 2012

L'Union Régionale des CIDFF de Rhône Alpes fête ses 30






L'Union Régionale des CIDFF de Rhône Alpes fête ses 30 ans le 1er octobre au Conseil Régional à Confluence.

Dès 16h30, DIALOGUES en EGALITE avec la participation de Brigitte Gresy et de François Fatoux, Directeur de l’ORSE (Modératrice Annick HOUEL, Universitaire, membre de l’U.R-CIDFF.
Le programme intégral est à consulter en ligne : http://www.infofemmes-rhonealpes.fr/